L'auto-compassion au service de l'Entreprise

 

Notre monde actuel est orienté par la réussite et la performance. Parmi les attentes de tout être humain et plus particulièrement des managers et des salariés aujourd’hui dans  le monde de l’entreprise, arrivent en tête de liste la reconnaissance (gratitude) et la considération (estime), et pourtant, force est de constater qu’aujourd’hui ce n’est plus l’organisation qui donne cette reconnaissance et cette estime de soi tant recherchée, il faut donc aller la chercher ailleurs…mais où ? Et si l’on testait l’auto-compassion ?

L’auto-compassion intervient alors comme un outil d’auto-accompagnement pour modifier notre relation à l’échec, la déception, la colère ou tout autre auto-jugement et auto-condamnation que nous nous infligeons au quotidien, que ce soit dans la sphère familiale, amicale ou professionnelle.

 

Mais alors, comment ça marche l’auto-compassion ? Selon Kristin Neff, voici les prérequis à l’auto-compassion.

 

 

Sa démarche, ainsi que les exercices que nous proposent Kristin Neff dans son ouvrage permettent de modéliser un chemin qui amène à un changement de paradigme profond, selon lequel nous sommes toutes et tous atteints de « dépendance affective », même sur son lieu de travail, ce qui induit des comportements et des réactions emprunts de souffrances et d’émotions négatives.

Selon Christopher Germer, nous cherchons tous à éviter la douleur, mais finalement c’est en l’accueillant et en répondant avec compassion à nos imperfections, sans nous juger et sans nous faire de reproches, que nous avançons sur la voie de la « guérison ». En effet, comment espérer s’améliorer si l’on est incapable d’accepter ses faiblesses ?

 

En premier lieu, elle implique donc que l’on s’arrête pour contempler sa souffrance. Comment être touché par sa propre douleur si l’on ne commence pas par admettre son existence ? Il arrive bien souvent, parce que cela fait partie de nos traditions occidentales et des impératifs imposés par notre société, que l’on refuse simplement de s’avouer à quel point on a mal, ceci ayant pour conséquences, lorsque survient une situation pénible ou stressante, que nous nous autorisions rarement à prendre le temps de nous interroger sur notre ressenti, d’autant plus si notre inconfort provient d’un jugement négatif envers soi-même (une réunion qui s’est mal passée, un conflit avec un collaborateur, un projet annulé, un échec…).

 

La pleine conscience est alors l’un des éléments essentiels à la pratique de l’auto-compassion, mais qu’est-ce que cette pleine conscience ? Lors d’interviews ou conférences données par Kristin Neff, cette dernière nous explique que la pleine conscience c’est de voir les choses comme elles sont, ni plus ni moins, en ayant une perspective juste et équilibrée quoi qu’il arrive. Donc cela veut dire être avant tout conscient de ses émotions, douleurs, afin de monter de la compassion pour ces émotions. Si l’on ne remarque pas à quel point nous sommes stressés ou anxieux ou que nous sommes mal à l’aise, il est difficile de montrer de la compassion envers ces sentiments difficiles, ce qui revient à dire que l’on ne peut pas agir sur ce que l’on ne peut pas ressentir.

 

A l’opposé, l’exagération et la dramatisation des sentiments n’est pas non plus de la pleine conscience : la véritable pleine conscience, c’est de voir les choses telles qu’elles sont.

 

Lorsque nous nous laissons emportés par nos pensées et nos émotions, nous sommes souvent mentalement ailleurs, soit dans le passé, soit dans le futur, alors que la réalité ne se passe que dans le moment présent. La pleine conscience nous ramène au moment présent, elle est parfois décrite comme la conscience de la conscience (on peut avoir conscience d’être assis sur une chaise, à ce moment précis, vous pouvez prendre conscience que vous êtes en train de lire cet article…) : la pleine conscience nous amène sur un autre niveau.

Mais alors pourquoi est-ce si important ? Parce que cela nous permet de nous questionner si ce que l’on pense est vrai, parce que cela donne une chance de REPONDRE et non de REAGIR (quelle serait la réponse la plus bénéfique, la plus sage et la plus constructive ?)

 

La pleine conscience offre cet espace et cette pause dont on a besoin pour nous donner de la compassion : elle est essentielle à notre capacité à être dans la compassion envers soi-même.

 

Finalement, la compassion et l’auto-compassion restent un seul et même sentiment, seul le bénéficiaire change.

 

On peut alors se poser la question si la compassion rentre dans le champ des compétences managériales ? A-t-elle sa place dans les organisations aujourd’hui et finalement que pourrait-elle apporter à l’entreprise ?

Entrer dans la compassion nécessite un passage obligé par la case auto-compassion :  en effet, comment pourrions-nous espérer entrer en compassion avec la souffrance de l’autre sans être en contact avec sa propre souffrance, ses propres fragilités et ses propres incomplétudes ? Dans une certaine mesure, être capable de s’ouvrir à la souffrance de l’autre peut l’aider à prendre de la hauteur sur sa souffrance et de ce fait à être potentiellement plus performant.

 

 

 

Pour autant, les détracteurs de l’auto-compassion y voient une forme d’auto-apitoiement, un joli concept pour excuser un certain laxisme à l’égard de soi-même. Il n’en n’est rien puisque au contraire de la passivité, c’est dans l’action visant à l’amélioration de sa situation qu’elle s’inscrit. De plus, loin de considérer se propres problèmes comme moins importants que ceux des autres, l’idée est de les considérer avec la même importance et de les traiter avec les mêmes égards.

 

Derrière chaque manager ou collaborateur se cache un être humain, en prise avec le doute d’une décision à prendre, la frustration d’une situation qui ne s’est pas déroulée comme prévue, la contrariété face à un collaborateur avec qui l’on ne parvient pas à rentrer dans une relation efficace, bref autant de situations au quotidien ou tout un chacun peut trouver matière à se juger de manière négative et à accentuer le cercle vicieux dont le résultat ne sera qu’une perte d’estime de soi.

 

Partant du postulat que la véritable reconnaissance et l’estime de soi ne peuvent en aucun cas venir de l’extérieur (d’un parent, d’un époux ou d’un patron par exemple), l’auto-compassion peut en effet être une alternative et un outil d’(auto) accompagnement, voire un levier de transformation.

De fait, la compassion est un droit inné, c’est même aujourd’hui une qualité humaine, voire une compétence émotionnelle recherchée dans les organisations (soft skills) où la bienveillance est de mise.

Se traiter avec la même bienveillance que l’on offre à ses collaborateurs et se réconcilier avec son pire ennemi (soi-même), voici l’enjeu de l’auto-compassion, avec en bonus les mêmes avantages que l’estime de soi, les inconvénients en moins.

 

Si vous souhaitez aller plus loin sur le sujet, je vous recommande la lecture des ouvrages de Kristin Neff. (http://self-compassion.org/)

 

J'espère que vous l'aurez compris, si vous êtes en quête de reconnaissance, recherchez la auprès de la seule personne qui puisse vous la donner ... VOUS !

 

 

 

Merci d'avoir pris le temps de lire cet article.

En espérant que vous y aurez trouvé des informations ou des pistes de réflexion qui viendront nourrir votre Développement Personnel & Professionnel.

N'hésitez pas à commenter et à partager cet article.

 

Coachement vôtre.

 

 

 

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